Les jardins de plaisance

Les jardins de la noblesse étaient des lieux de récréation aux paysages idéalisés. Un plaisir que d’autres gens furent heureux de partager.

L’histoire retient que les jardins de plaisance sont de noble descendance. Les premiers jardins de délassement furent tracés à proximité des châteaux et des pavillons de chasse de la noblesse. Les premiers jardins de plaisance pour roturiers furent aménagés au XVIe siècle. Ils furent construits à la périphérie de grandes villes d’Europe. La plupart ont disparu, mais l’un d’entre eux a survécu : celui de Bakken, au Denmark. Ce jardin de loisirs situé au nord de Copenhague fut ouvert en 1583. On peut considérer ces jardins comme les ancêtres des parcs d’amusement modernes. Ils proposaient aux visiteurs toute une série d’attractions, comme sur un champ de foire. On pouvait même y embarquer sur des manèges de la première heure. Les jardins de plaisance connurent leur apogée vers 1800. Tivoli, à Copenhague, et Vauxhall, à Londres, étaient des destinations très courues. Ils proposaient de l’amusement en permanence. On trouvait également des champs de foire permanents Place Marigny, à Paris, et sur la Piazza Pepe, à Rome. Au XIXe siècle, beaucoup de ces jardins de plaisance furent transformés en jardins zoologiques ou accueillirent les nouveaux zoos.

Le jardin de plaisance de Laxenburg, près de Vienne, en 1853.

Visions de paradis naturels devenus réalité grâce à d’habiles jardiniers, les premiers jardins de plaisance donnaient l’illusion de paysages fantastiques. Le parc de Laxenburg, près de Vienne, était à l’origine une chasse ouverte en 1760. L’Empereur François II le transforma en un paysage romantique avec château, ponts chinois, village de pêcheurs et mosquées turques. Il était réservé à un usage privé. Les parcs tels que Laxenburg ont des liens étroits avec les champs de foire, car leurs bâtiments étaient un décor destiné à divertir, à enchanter et à stimuler l’imagination dans un cadre naturel. Par la suite, lorsque vinrent s’y ajouter des innovations techniques telles que les panoramas, les jardins de loisirs furent transformés en parcs d’attractions.

Gravure colorée des Vauxhall Gardens (vers 1770). W.B. Bolton, Amusements of Old London, volume II, publié en 1900.

Les jardins de Vauxhall (Londres) vers 1780. Madame Weischell, célébrité de l’époque, pendant un concert.

Gravure (vers 1780) représentant des montagnes russes et le Panstéréorama, une sorte de panorama.

La gondola était l’une des grandes attractions du Prater de Vienne. Ce dessin fut réalisé en 1873.

Une vue du Prater de Vienne en 1891.

La grande roue du Prater. Cette photographie fut prise en 1941. Symbole du progrès technologique, cette énorme Riesenrad fut construite en 1897. Offrant une perspective panoramique, les grandes roues conquirent les parcs d’attractions de partout.

Une superbe vue du Prater. Photographie de 1967.

Au Kursaal and Royal Spa Cafe d’Harrogate (Yorkshire), on pouvait non seulement venir voir Laurence Irving, Lenora Sparkes et l’orchestre du Kursaal, mais le samedi 30 mai 1908, l’établissement présenta aussi une séance de cinéma. Le projecteur était un « Munograph ».

Parc Monceau. Les jardins de plaisir sont d’une origine très noble.