Les lanternes magiques

Des scènes singulières et des villes étrangères, des batailles et des merveilles, des nuits étoilées et des journées ensoleillées : on pouvait voir tout cela dans le monde miniature des lanternes magiques.

Les lanternes magiques, avec leurs images, leurs histoires et leurs illusions d’optique, étaient très populaires au XVIe siècle. Pour l’homme de la rue, elles représentaient une mine d’informations. Les gens payaient pour regarder dans une boîte contenant des peintures ou des maquettes. Il y avait des effets spéciaux comme le passage du jour à la nuit ou des jeux de perspective. Les visiteurs pouvaient s’informer sur des batailles, des guerres ou d’horribles histoires, ou encore sur d’autres villes et d’autres pays. Les histoires accompagnant le spectacle étaient racontées par le propriétaire de la lanterne magique. Ces artistes étaient appelés savoyards, ou galantees en anglais. A une époque où la télévision n’existait pas, la lanterne magique fut une invention révolutionnaire. Pendant des siècles, les spectacles de lanterne magique furent très populaires. Ils étaient présentés par des forains itinérants aux endroits où ceux-ci s’arrêtaient. Ils étaient comme les projecteurs de diapositives modernes. Le public pouvait être « mis en boîte » (lui aussi) avec des images « mobiles », de soudaines apparitions et disparitions. Souvent, pour raconter les histoires, on recourait à des plaques de verre. Des histoires bien connues étaient illustrées par des séries spéciales de plaques peintes. Parfois, on contait des épisodes de la Bible. Certaines plaques de lanterne magique accompagnaient des chansons. Elles restèrent appréciées du public jusqu’au début du XXe siècle.

Une démonstration de lanterne magique.

Enfants s’amusant à regarder une boîte d’optique. La plupart d’entre eux étaient illettrés. Grâce à ce stéréoscope, ils pouvaient acquérir des notions de géographie, d’histoire et de sciences.

Une boîte d’optique sur une place du marché italienne.

Le projectionniste produit une image dont on pourrait dire qu’elle préfigure la maison filmée par Alfred Hitchcock dans « Psychose ». En tout cas, les spectateurs regardent avec une certaine circonspection.

Prêt pour le spectacle : un artiste avec un orgue de Barbarie portable et une lanterne magique sur le dos. Le jeune garçon, sur la gauche, ressemble à un régisseur en herbe. Les forains italiens qui présentaient des lanternes magiques venaient souvent de Savoie.

Représentations anciennes du colosse de Rhodes et du mur de Babel.

Le colosse de Rhodes était une gigantesque statue de bronze mesurant 32 mètres. Il représentait l’ancien dieu soleil et était l’une des sept merveilles du monde. Cette gravure date du XVIIIe siècle. Elle était présentée dans les boîtes d’optique des foires. La muraille de Babylone faisait également partie des sept merveilles du monde. Ces images étaient montrées dans les foires de l’Europe entière. Elles étaient présentées grâce à des lanternes magiques. C’était une façon d’enseigner aux illettrés quelques rudiments de culture, de géographie et d’histoire.