Au brouhaha des humains répondait celui des animaux, que l’on pouvait entendre, sentir et voir dans les foires.
D’après les indices qui sont parvenus jusqu’à nous, l’ours dansant était l’exemple le plus commun d’animal en spectacle dans les foires. Mais il ne faut pas oublier les innombrables bêtes qui étaient achetées et vendues dans les foires de l’Europe médiévale – non seulement les animaux exotiques, mais aussi le cheval du commerçant, les oies de la paysanne… eux aussi étaient exposés à la vue pour être admirés ou convoités. De même, l’abattage d’animaux et leur consommation en public sous forme de nourriture, était un élément vital du spectacle de la foire, sans lequel aucune description de la vie médiévale ne peut être complète.
Attaquer le taureau (Bull baiting) était très populaire dans l’Angleterre de la reine Elizabeth. Cette photo est de beaucoup plus tard (vers c. 1820) mais montre les éléments les plus importants de ce jeu cruel. Des chiens étaient envoyés dans l’arène pour attaquer un taureau et pour essayer de le terrasser. La photo montré que ce fut un sport favori de toutes les clases sociales en grande Bretagne.
Un dresseur avec son animal à Rome. La petite fille, sur la gauche, veut câliner l’ours, mais sa mère ne la laisse pas faire. Les bohémiens voyageant avec des ours sont appelés Ursan.
Qui n’a jamais rêvé de prendre un verre avec un singe ? Cette représentation plutôt romantique de la vie du forain date de 1882. Les singes apparurent dans les foires d’Allemagne au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, des « théâtres de singes » parcouraient toute l’Allemagne.
Le peintre néerlandais Hendrik Gerrit Ten Cate (1803-1856) est l’auteur de cette représentation de la kermesse de Haarlem. Tous les personnages du tableau s’amusent.
Un dompteur de rats attire beaucoup d’attention. Sa ménagerie comprend aussi des hiboux et un lièvre. Le rongeur aux longues oreilles semble avoir un large sourire.
Il n’était pas courant de voir des dompteurs de rats à la foire. La plupart des gens étaient partagés à leur égard, car beaucoup d’entre eux devaient vivre dans des maisons infestées par ces animaux. Au XIXe siècle, les systèmes d’égouts et l’hygiène publique n’en étaient qu’à leurs tout premiers balbutiements. Les rats sont des animaux bon marché et intelligents : parfois, les joueurs d’orgue de Barbarie pauvres exhibaient un rat en laisse au lieu d’un singe. De l’autre côté, on trouvait le Marchand de mort-aux-rats qui présentait des poisons, des pièges et… des rats morts.
Poème didactique avec illustration sur un dresseur d’ours.
Homme luttant contre un ours, 1877. L’ours semble fâché, mais les musiciens continuent à jouer et personne, dans la foule, ne panique.
Les ours savants sont connus depuis l’époque romaine. Jusqu’au XIXe siècle, certaines régions des Pyrénées se sont spécialisées dans le dressage de ces prédateurs féroces. En Allemagne, les premiers forains avec des ours apparurent au XIVe siècle. La plupart d’entre eux venaient d’Europe de l'Est. Certains dompteurs luttaient avec ces animaux dans des spectacles. C’était un numéro très dangereux. Même en jouant, un ours peut rompre les os d’un homme. Ce sont des animaux difficiles et méchants. Mais, comme disent les gens du cirque, ils savent aussi voyager.